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XIII
1. Présentation

XIII, personnage de bande dessinée, créé en 1984 par le scénariste Jean Van Hamme et le dessinateur William Vance.

2. XIII, une série d’espionnage à suspense

Un homme se réveille sur une plage, amnésique, avec pour seul indice le chiffre romain XIII tatoué sur la clavicule gauche. Traqué par une bande de tueurs et diverses instances militaires, il tente de découvrir qui il est et pourquoi on cherche à l’éliminer. Telle est la trame du premier album (1984, prépublié dans le journal Spirou) de la série XIII, le Jour du soleil noir, fondée sur un roman de Robert Ludlum, la Mémoire dans la peau.

Au fil des albums, les aventures du héros amnésique à la recherche de son passé et de son identité prennent la forme d’une quête initiatique, sur fond de complots internationaux. Chaque nouvel indice étant révélé en même temps au lecteur et au héros, l’intrigue progresse en ménageant sans cesse un important suspense.

3. Un style cinématographique
1. Un scénario de fiction ancré dans la réalité

Jean Van Hamme joue avec les clichés du roman d’espionnage pour construire la trame de son histoire. Mêlant suspense et aventures, la structure des scénarios de XIII emprunte beaucoup aux grands classiques de la littérature policière. En s’appuyant également sur des faits d’actualité — tels que l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy ou l’affaire Rosenberg — pour alimenter la trame de son histoire, Van Hamme réussit à rendre son intrigue plus crédible, lui donnant une dimension réaliste qui participe de son intérêt.

2. Un graphisme proche du story-board de cinéma

Perfectionniste, Vance soigne son travail avec précision pour les scènes d’action comme de dialogue. Le dessin « académique », ainsi que le découpage et les plans quasi cinématographiques — proches d’un story-board de cinéma — soulignent parfaitement l’intrigue et clarifient le récit. La manière est réaliste, les détails sont fouillés et documentés, restituant avec fidélité le récit de Van Hamme, et accentuant le côté « réalité-fiction » de la série.

4. Un immense succès commercial

Bien que le premier album, le Jour du soleil noir (1984), ne connaisse pas un succès immédiat (13 000 exemplaires vendus), la série XIII s’impose rapidement comme l’une des séries phares de la bande dessinée contemporaine. Véritable best-seller de l’édition, elle bénéficie d’une importante promotion (cinéma, radio, CD-ROM, jeux, prépublication estivale dans la presse quotidienne, produits dérivés, etc.). Là où va l’Indien (1985), le deuxième volume, frôle les 20 000 exemplaires, et le troisième album, Toutes les larmes de l’enfer (1986), approche les 30 000 exemplaires. En novembre 1987, l’album Spads se vend à 42 000 exemplaires et, un an plus tard, Rouge Total trouve 58 000 acheteurs. Dès lors, le succès va croissant. Les XIII publiés en 1990 et 1991 se vendent respectivement à 70 000 et 90 000 exemplaires. La notoriété de la série est à son comble lors du lancement en 2000 du 14e tome, Secret Défense.

Avec plus d’un million de lecteurs en France et plusieurs millions d’exemplaires vendus, XIII est considéré aujourd’hui comme l’un des plus gros succès commerciaux de la bande dessinée française.