baroque, littérature
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baroque, littérature
4. L’instable, le mouvement, la métamorphose, l’illusion

L’utilisation commune du terme « baroque » pour qualifier des œuvres littéraires est effective grâce à Jean Rousset. Ce dernier propose quatre critères principaux permettant d’associer des œuvres à ce terme : l’instabilité, le mouvement, la métamorphose et la prédominance du décor. Selon lui, c’est à la fois la forme et le fond qu’il faut prendre en considération, chacun se répondant. Nombreuses sont les métaphores, les périphrases et les ruptures de style qui viennent renforcer le caractère imaginatif et surprenant du récit. Les mots et leur enchaînement sont aussi importants que ce qui est raconté. Cela permet de créer une féérie pour surprendre et étonner le lecteur, ainsi que le recommande Giambattista Marino, le « Cavalier Marin », car « […] qui ne sait étonner, mérite l’étrille ». Suivant ce principe, Savinien de Cyrano de Bergerac, en contant les États et Empires de la Lune (1657) et les États et Empires du Soleil (1662), fait montre de facétie, de frivolité et d’une grande inventivité, par exemple en faisant du nez un cadran solaire.

Par ailleurs, le principe d’irréalité, de l’apparence et de la théâtralité, émaille une grande part de la production littéraire baroque. Cyrano de Bergerac instille un subtil jeu entre la fiction et la réalité, dans sa pièce le Pédant joué, dans laquelle un de ses personnages s’exprime en ces termes : « j’auroi desja fait un crible du ventre de ce coquin, mais j’ay la crainte de faillir contre les regles de la comédie, si j’ensanglantois la scène ». De William Shakespeare, dans le Songe d’une nuit d’été (1595), à Pierre Corneille avec sa pièce l’Illusion comique (1689), les dramaturges brouillent davantage les frontières entre le jeu théâtral et la réalité, invitant le spectateur à s’interroger sur cette dernière.