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La création |
En 1911, Jacques Copeau fonde sa troupe de théâtre qu’il installe au théâtre de l’Athénée-Saint-Germain, rue du Vieux-Colombier (dans le Quartier latin). En 1913, il publie dans la N.R.F. (qu’il codirige alors) « Un essai de rénovation dramatique » dans lequel il prône un théâtre de « lustre et […] grandeur » et un « plateau nu » pour lequel il entend « nier l’importance de toute machinerie ». Il appelle aussi la jeunesse à « réagir contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile et pour défendre les plus libres, les plus sincères manifestations d’un art dramatique nouveau » et le public à « entretenir le culte des chefs-d’œuvre classiques, français et étrangers ». La même année, il prend la direction du théâtre de l’Athénée-Saint-Germain qui prend le nom de la rue dans laquelle il est situé. La scène est alors redessinée par le peintre et décorateur Francis Jourdain (1876-1958), qui l’agrandit et ajoute un proscénium (une avant-scène). La scène, volontairement dépouillée, est encadrée de noir et fermée par un rideau vert. Louis Jouvet rejoint la Compagnie du Vieux-Colombier et y devient non seulement acteur mais aussi régisseur, décorateur et parfois électricien. La première saison est marquée par l’enchaînement des pièces (quinze en huit mois, des œuvres classiques aux plus contemporaines). Alors que les premières représentations ne convainquent pas, le succès va grandissant et la dernière pièce, la Nuit des rois de William Shakespeare (jouée en mai 1914) est un succès non seulement national mais aussi européen. La guerre interrompt l’activité de la troupe et, en 1917, une partie de la Compagnie du Vieux-Colombier s’installe au Garrick Theatre de New York, le théâtre français des États-Unis, chargée par Georges Clémenceau de « propagande française ». La troupe connaît un succès retentissant (jusqu’en avril 1919, ils donnent 345 représentations de 47 pièces dans 82 décors) mais Jacques Copeau finit épuisé.
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