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Présentation |
Bouffes du Nord, théâtre des, théâtre parisien, qui est l’une des principales scènes dramatiques parisiennes depuis l’installation en son sein du metteur en scène Peter Brook.
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Des débuts mouvementés |
Créé en 1876 par l’architecte Louis-Marie Emile Leménil pour un certain M. Chéret, dans le quartier de La Chapelle, à Paris, le théâtre à l’italienne est situé en lisière des champs. Ce théâtre, destiné au café-concert, n’attire pas le public du centre de la capitale à cause de son emplacement géographique, mais un public « local » assez indiscipliné qui provoque des émeutes et l’intervention régulière de la police. Le théâtre, peu prisé, voit se succéder une quinzaine de directeurs en moins de dix ans. Après une dernière directrice qui part avec la caisse, le théâtre ferme ses portes en 1885 avant d’être repris en main par le metteur en scène Abel Ballet, qui monte de grandes fresques historiques et des mélodrames fleuves (interprétés notamment par la jeune Yvette Guilbert puis Firmin Gémier) qui rencontrent enfin leur public. Mais c’est en louant la salle à Aurélien Lugné-Poe et aux comédiens du théâtre de l’Œuvre que le théâtre prend enfin de l’envergure. Emmanuel Ciot et G. Dublay succèdent à Abel Ballet, restaurent la salle (ils y installent l’électricité), la baptisent Théâtre Molière, et font jouer des pièces adaptées de romans d’auteurs contemporains tel Georges Darien, Gaston Leroux ou même Aristide Bruant (qui interprète lui-même sa pièce Fleur de pavé). Le théâtre ferme à l’aube de la Première Guerre mondiale.
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Du music hall au théâtre expérimental |
En 1917, le théâtre devient une scène de music hall très rentable et en 1923, le nouveau directeur Henry Darcet l’associe à d’autres théâtres de quartier, comme ceux des Gobelins, de Montmartre ou de Montparnasse pour faire tourner les pièces à succès des Boulevards, à prix modeste. La politique d’Henri Darcet est poursuivie à partir de 1929 par ses successeurs Paul Le Danois et Charles Malincourt (qui se suicide en 1932). Paul Le Danois modernise la scène et accueille le metteur en scène (et critique de cinéma) Léon Moussinac et son Théâtre d’action international qui prônent un théâtre spectaculaire et expérimental. Le théâtre connaît un succès critique mais n’arrive pas à survivre financièrement. La mort de Paul Le Danois en 1935 laisse le théâtre quasiment à l’abandon (spectacles épisodiques ou de music hall). En 1945, Jean Serge reprend le théâtre qu’il baptise le Théâtre des Carrefours et relance les représentations d’œuvres contemporaines, mais il est contraint de se retirer en 1946 à cause de la mauvaise rentabilité du théâtre. Après d’autres essais infructueux (dans le domaine lyrique ou humoristique), le théâtre, considéré comme délabré, est fermé par la Préfecture de police en 1952.
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Peter Brook et Micheline Rozan |
Peter Brook et Micheline Rozan sont les fondateurs du Centre international de recherche du théâtre (CIRT, lequel devient lors de l’ouverture du Théâtre des Bouffes du Nord le Centre international de créations théâtrales, CICT), dont « l’objectif est de mener des travaux de groupe, fondés notamment sur l’improvisation, avec des acteurs venus du monde entier. ». En 1974, ils découvrent « délabrées, carbonisées, ruinées par la pluie, grêlées, et pourtant nobles, humaines, lumineuses, à couper le souffle : les Bouffes du Nord ». Ils choisissent de s’installer dans l’antre de ce théâtre oublié de tous, mais sauvé de la destruction par un maçon italo-yougoslave, qui y avait engouffré toutes ses économies. Ils conviennent de « laisser le théâtre exactement comme il était, de ne rien effacer des marques qu’une centaine d’années de vie lui avaient laissées [et] de ressusciter l’endroit aussi vite que possible ». Six mois plus tard, ils ouvrent le théâtre des Bouffes du Nord, restauré à leur manière en conservant les proportions de la salle, en gardant les sièges d’origine et les moulures qui s’écroulent en partie sous les applaudissements de la première représentation en octobre 1974 (Timon d’Athènes, adaptation de Jean-Claude Carrière, dans le cadre du festival d’Automne). Leur politique est simple : pas de sièges numérotés, un prix unique (le plus bas possible, soit la moitié ou le quart de ceux des théâtres des boulevards) afin d’ouvrir le théâtre aux gens de banlieues et aux familles (ils offrent également des représentations gratuites destinées aux gens du quartier les jours de Noël ou de Pâques). L’âme du théâtre des Bouffes du Nord tient à ceux qui l’ont exhumé, tout comme à la scène avec son fond rouge crevassé et à l’utilisation de son parterre (orchestre) en espace scénique.
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