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Des débuts mouvementés |
Créé en 1876 par l’architecte Louis-Marie Emile Leménil pour un certain M. Chéret, dans le quartier de La Chapelle, à Paris, le théâtre à l’italienne est situé en lisière des champs. Ce théâtre, destiné au café-concert, n’attire pas le public du centre de la capitale à cause de son emplacement géographique, mais un public « local » assez indiscipliné qui provoque des émeutes et l’intervention régulière de la police. Le théâtre, peu prisé, voit se succéder une quinzaine de directeurs en moins de dix ans. Après une dernière directrice qui part avec la caisse, le théâtre ferme ses portes en 1885 avant d’être repris en main par le metteur en scène Abel Ballet, qui monte de grandes fresques historiques et des mélodrames fleuves (interprétés notamment par la jeune Yvette Guilbert puis Firmin Gémier) qui rencontrent enfin leur public. Mais c’est en louant la salle à Aurélien Lugné-Poe et aux comédiens du théâtre de l’Œuvre que le théâtre prend enfin de l’envergure. Emmanuel Ciot et G. Dublay succèdent à Abel Ballet, restaurent la salle (ils y installent l’électricité), la baptisent Théâtre Molière, et font jouer des pièces adaptées de romans d’auteurs contemporains tel Georges Darien, Gaston Leroux ou même Aristide Bruant (qui interprète lui-même sa pièce Fleur de pavé). Le théâtre ferme à l’aube de la Première Guerre mondiale.
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