| Antoine, théâtre | Format lecture | ||||
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| 3. | Une révolution de l’art dramatique : la mise en scène |
André Antoine et son Théâtre-Libre mettent en application la doctrine d’Émile Zola sur le Théâtre naturaliste (1881) : vraisemblance de l’intrigue, réalisme des décors et des costumes, vérisme du jeu des acteurs (un jeu naturel à l’opposé du jeu déclamatoire), etc. Ils font ainsi une croix sur les artifices du théâtre conventionnel, remplacent des décors peints par des objets réels (de vraies tables, chaises, objets qui servent le texte, parfois même un vrai quartier de viande qui fait scandale) ; selon Jean Cocteau, André Antoine est « l’homme qui introduisit les boutons de porte dans la littérature dramatique ».
L’ancien régisseur devient alors metteur en scène, un coauteur de la pièce en quelque sorte. Pour plus de vraisemblance, André Antoine invente par ailleurs la théorie du « quatrième mur » qui consiste à créer un décor réel, entre trois murs, le quatrième mur étant le public, plongé dans l’obscurité (ce qui est une première). Par cette théorie, il bannit toute interaction possible entre le public et la scène : on joue « comme si le spectateur n’était pas là », parfois même en lui tournant le dos. Par cette approche de la scénographie et de la mise en scène naissantes, il sert l’idée que « c’est le milieu qui détermine le mouvement des personnages et non le mouvement des personnages qui détermine le milieu ». Les acteurs sont alors au service du texte et l’illusion doit être la plus parfaite possible pour le public venu voir une « tranche de vie » (Causeries sur la mise en scène, 1903). L’influence du Théâtre-Libre a une portée européenne, et d’autres scènes libres se montent à Londres ou Berlin (où la Freie Bühne, « la scène libre », voit le jour en 1889).