| Querelle iconoclaste | Format lecture | ||||
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| 2. | Première crise iconoclaste (730-787) |
La première manifestation byzantine de l’iconoclasme remonte au milieu des années 720, lorsque l’empereur Léon III lance campagne contre la production d’icônes figurant le Christ, s’appuyant pour cela sur une phrase de l’Ancien Testament (le deuxième des Dix Commandements). En 730, il promulgue un décret impérial interdisant la vénération de toute image sainte.
Cette décision est condamnée par le patriarche de Constantinople (qui est déposé) et par le pape de Rome (Grégoire II, puis de nouveau par son successeur Grégoire III). Elle rencontre également une farouche résistance de la part du peuple et des moines byzantins. Mais le plus sérieux argument opposé à l’iconoclasme, formulé par le théologien et Père de l’Église Jean de Damas, consiste à affirmer que cette doctrine renie l’un des principes fondamentaux de la foi chrétienne, la doctrine de l’incarnation (on parle alors d’iconodulie). Selon les défenseurs des images, la naissance du Christ en tant qu’homme permet sa représentation qui, dans un certain sens, participe de la divinité, à l’instar du sujet évoqué. Le rejet de ces images correspond donc automatiquement au rejet de leur sujet.
Malgré ces différentes réfutations, la doctrine iconoclaste reste vigoureusement défendue par l’Empire. Ainsi, l’empereur Constantin V reprend, avec plus de virulence encore, le combat de son père Léon III. En 754, il réunit un concile, le cinquième concile de Constantinople, qui condamne le culte des images comme idolâtrie. S’en suit une période de violence au sein de l’Empire byzantin, durant laquelle les monastères sont détruits, leurs occupants pourchassés, voire massacrés, et les images saintes grattées ou brûlées.
À partir de 780, lorsque la régence impériale est assumée par l’iconophile Irène, l’Empire change de politique vis-à-vis des images. Après l’échec du synode de 786, Irène convoque à son tour un concile (universel), le second concile de Nicée (787), qui reconnaît officiellement l’adoration des images (en tant que « modèles ») et condamne les iconoclastes. Le concile de Nicée est unanimement reconnu dans toute la chrétienté, à l’exception de Charlemagne (concile de Francfort, 794).